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mercredi 28 novembre 2012

Magasin général

Magasin Général est une série de bandes dessinées de 8 tomes, réalisée conjointement par  Jean-Louis Tripp et Régis Loisel.  


Les expressions en français québécois sont de Jimmy Beaulieu. Celles-ci font selon moi, à elles seules, une grande partie du charme de Magasin Général...(Ah les tits-culs!)

L'histoire de cette série décrit la petite vie tranquille de Notre Dame des Lacs, un village de la campagne québécoise au début des années 40. 
Elle gravite autour d’un personnage féminin, Marie, veuve avant l’heure et héritière du principal commerce local : le « Magasin général ».
Elle doit se montrer forte pour arriver à tenir l'établissement seule, tout en étant accablée par son chagrin. 


 
Au bout de quelque temps, elle découvre un mystérieux inconnu sur le bord de la route, Serge. 
Son motocycle étant paralysé par les premières chutes de neige, Marie décide de l'héberger dans une remise attenante à l'échoppe.

L’irruption de cet étranger dans la petite communauté va progressivement réconcilier avec le bonheur ; bonheur d’aimer, bonheur d’être aimé(e), mais pas exactement de la manière que l’on pourrait imaginer…


Les 8 tomes, intitulés Marie, Serge, Les hommes, Confessions, Montréal, Ernest Latulippe, Charleston et Les femmes, sont toujours réalisés de la même manière, en trois étapes. Les cases sont dessinées par Régis Loisel, puis retravaillées par Jean-Louis Tripp, et enfin mises superbement en couleurs par François Lapierre. Le rendu est magnifique et la profondeur qui se dégage de celles-ci donne un aspect très réaliste des scènes représentées...

A ne pas manquer, le 8ème tome vient de paraître!





















































mercredi 24 octobre 2012

La berceuse assassine

Trois tomes, trois personnages, trois points de vue....
Une seule et même histoire.

Excellente série. Une intrigue bien ficelée, avec des interrogations et des rebondissements permanents. 
Joe Telenko est chauffeur de taxi dans un quartier glauque de New York. La scène s'ouvre sur sa rencontre avec son médecin. Il se sent plutôt mal... Sa femme Martha est une mégère acariâtre depuis qu’elle est handicapée. Ils ne s'aiment plus et il rêve de pouvoir s'en débarrasser…

Chaque album présente le point de vue d'un personnage, ce qui nous permet petit à petit de cerner les raisons de cette rancœur et la finalité de l'intrigue... 

Du coup, on lit le premier tome et on se questionne....Puis on ouvre le second et là, certaines réponses...Mais pas toutes! 

Pour comprendre cette "berceuse assassine", il faut dévorer la mémoire de Dillon jusqu'à la dernière page!


Le noir et le jaune donnent une ambiance plutôt lugubre et mélancolique, qui suit bien l'esprit "noir" du polar...Un vrai régal pour les yeux!


En 3 épisodes, par Tome et Ralph Meyer, aux éditions Dargaud
Tome 1: Le coeur de Telenko
Tome 2: Les jambes de Martha
Tome 3: La mémoire de Dillon




Mon conseil, lire tout d'une traite, et surtout, ne JAMAIS lire les résumés des tomes au verso!

mercredi 19 septembre 2012

Bludzee

Ca y est! Le rush de la rentrée est derrière moi (enfin presque), je peux à nouveau découvrir et dévorer de nouvelles Bédés...

 

Bludzee...Génial! 
J'ai adoré. C'est facile, quoique pas mal déjanté, et c'est drôle, très drôle!


Crée par Lewis Trondheim, ce feuilleton numérique fut la première série de bande dessinée à pouvoir être dégustée sur téléphones portables et internet en 2010 dans le monde entier. Révolutionnaire!



Bludzee, c'est quoi? C'est qui plutôt...

Eh bien Bludzee, c'est un chaton aux grands yeux bleus, au large sourire et à la curiosité infinie....

Dans les premiers épisodes, on découvre Bludzee seul et abandonné dans l'appartement de son maître. A 6 mois, on est pas vraiment au courant de comment fonctionne le monde, que l'on soit un petit d'homme ou un chat...
Du coup,  Bludzee se renseigne, Bludzee apprend, Bludzee découvre...
Et cette aventure ne sera pas sans surprises...

Un univers surprenant, plusieurs rencontres avec des personnages aux desseins assez noirs parfois, mais surtout, un voyage initiatique plein d'humour...

La, c'est pour avoir un mini aperçu des péripéties de Bludzee....



Blog de Bludzee : La, c'est pour s'inscrire en ligne....

Et la, c'est la présentation vidéo du feuilleton numérique!



Sinon, il y a toujours l'option Bédé papier....(Pas hyper pratique au lit celle-ci mais ça vaut vraiment le coup, ça détend!)

samedi 25 août 2012

June

June est une bédé de Nicolas Moog sur l'alcoolisme et ses dommages collatéraux. 
Assez glauque au premier abord, mais troublante et touchante au final...

June est une petite fille comme les autres, qui vit dans une petite ville de l'est de la France. Son père, Otis, boit. 
Mais pas un simple verre de vin comme ça au dîner...
Non, il boit plus que de raison.

 





Et sa femme et ses enfants subissent ses déboires au quotidien...
June comprend à sa manière ce qu'il se passe, mais peut-elle juger son père? Où peut-elle trouver des explications et du réconfort?




Entre sautes d'humeur, mensonges, délires, odeurs nauséabondes et propos honteux, celui qui se veut père de famille perd le contrôle de la situation et n'arrive pas à s'en sortir...

Malgré les bonnes résolutions, les prises de conscience et les tentatives de sobriété désespérées, Otis est malade et dépendant...Et le restera toujours.

Et il n'est pas le seul actuellement.
  
J'ai beaucoup aimé... 
Noir, blanc et bleu se partagent les belles illustrations de l'auteur et donnent à cette histoire un aspect très mélancolique ...

Petit à petit on cerne les personnages, on ressent leurs émotions...C'est dur parfois! 
On anticipe les rechutes d'Otis, on a la boule au ventre pour June et son frère à chaque arrivée du père, on a honte comme sa femme...Bref...
On a pas des petites étoiles dans les yeux à la fin de la lecture, mais plutôt quelques larmes, car finalement on a goûté au terrible quotidien de trop de familles en France ou dans le monde...Malheureusement.

Une chronique sociale certes, mais aussi une belle leçon de vie!

lundi 20 août 2012

Intrus à l'Etrange

Une superbe bédé de Simon Hureau, parue chez La Boîte à Bulles...
Prix de la BD polar SNCF au Festival D'Angoulême 2012



L'histoire s'ouvre sur la visite de Martial, venu récupérer quelques souvenirs au domicile de son grand-père, décédé quelques jours auparavant. 
Sous le canapé du salon, il découvre deux valises scellées, adressées à Félix Larose, résidant à Magnat l'Etrange, ainsi que des lettres d'amour d'une dénommée Georgette Blizard, venant elle aussi de ladite commune...




Accablé par cette disparition et envahi par la curiosité, il décide alors de se rendre dans la petite bourgade rurale du plateau de millevaches : Magnat l'Etrange. Il espère ainsi retrouver la trace des amis de son aïeul...

Dès lors, Martial se retrouve au beau milieu d'une ambiance des plus hostile : un habitant se fait tabasser par ses voisins, depuis quelques temps, les nuits sont anormalement riches en chauve-souris, hors de leurs zones de nidifications, et plusieurs cas de rage demeurent inexpliqués...
Ce phénomène étrange attise la paranoïa des autochtones et attire une poignée de journalistes, de scientifiques et… de chasseurs de vampires!
Mieux vaut dormir la fenêtre fermée!

Le lecteur suit donc les péripéties de Martial à travers le passé de son grand-père. Mais c’est le présent qui le rattrape! S'il retrouve Georgette, personne en revanche ne connaît de Félix Larose...
Et ce petit village au départ digne d'une carte postale bucolique, se révèle être rongé par les secrets et menaçant pour qui voudrait tenter de les percer!

Querelles de voisinages et mesquineries accompagneront Martial dans sa quête vers la vérité, jusqu'à ce qu'un soir, il se retrouve dans un univers sauvage et mystérieux, un labyrinthe qui le et nous mènera, sur une quarantaine de pages sans parole!, habilement vers une multitude de  réponses...Un vrai voyage au cœur d'un cabinet de curiosités...
 


Intrigue et suspense rythment ce récit soutenu par un très beau graphisme, réalisé en bichromie foncée, avec un souci impressionnant du détail, et une remarquable représentation des paysages, tout simplement splendides. Un vrai univers à la Tardi...

Je vous le conseille vivement! 

 




samedi 28 juillet 2012

Shä & Salomé, Jours de pluie

Shä & Salomé, c'est un recueil de petites histoires touchantes et drôles, mettant en scène les aventures d'un couple de deux personnages assez atypiques: Salomé,  l'instit rouquine fan de jeux vidéos, et Shä, le chat écrivain fumeur de pipe et fervent de littérature...Un vrai poème...




Pour raconter le quotidien d'amoureux bourrés de différences (un couple lambda donc), Loïc Clément et Anne Montel se sont partagé avec élégance les scénarios attendrissants et drôles (voir burlesques!) et la douceur des dessins à l'aquarelle...Et c'est une réussite!


Perso, j'ai trouvé qu'en plus, les différentes typographies étaient superbement bien choisies et se mariaient à merveille avec les planches dessinées...

A dévorer sur sa chaise longue si ce n'est pas un jour de pluie, ou bien au fond de sa couette, bien molletonnée, en période automnale ou hivernale...

N'hésitez pas à aller consulter le blog d'Anne Montel, c'est un vrai régal pour les yeux...

mardi 26 juin 2012

L'Ascension du Haut Mal

L'Ascension du Haut Mal, c'est une série de bandes dessinées autobiographique de David B (alias Pierre-François et Fafou dans le texte), éditées par l'Association de 1996 à 2003 et dont le recueil des six tomes parait en 2011.

Le Haut Mal c’est le nom qu’on donnait à l’épilepsie au Moyen Âge. 

L'Ascension du Haut Mal c’est l’histoire d’une famille au milieu des années soixante.
La famille Beauchard, frappée en 1964 par cette maladie qui atteint Jean-Christophe, l'aîné des frères, à l'âge de sept ans.


Cet ouvrage retrace le quotidien de cette famille, des prémisses de la maladie à la vie de David, l'auteur, aujourd'hui.

A l'époque, l'épilepsie est encore méconnue et les remèdes le sont encore plus.
Les parents, désarçonnés et réticents face à la proposition de l'intervention chirurgicale sur leur fils, feront de multiples tentatives pour soigner celui-ci et faire reculer sa maladie... Macrobiotique, vie communautaire, médiums...
Toutes les solutions, même les plus douteuses seront envisagées...Ils iront de déception en déception. On oscille entre périodes de doutes et d'espoir...

Mais cette bédé, c'est aussi et c'est surtout la vie intérieure de Fafou (alias Pierre-François, alias David B) face à cette terrible épreuve.
A travers ses visions oniriques, il nous relate sans complexe son vécu personnel, son mal-être. Une sorte de lâcher-prise, un exutoire...
On navigue entre le présent et les souvenirs passés, le monde des morts et des vivants...On perçoit toute la dualité de Fafou et de David B finalement.

Mes ressentis sont assez partagés sur cette bédé...Quelques longueurs et quelques pensées m'ont fait perdre un peu le fil parfois. 
En fait, je ne saurai dire concrètement quel en est le thème: est-ce l'histoire de la maladie de Jean-Christophe? Est-ce une saga familiale? Est-ce une introspection de la vie de David B? Certains détails comme ses problèmes de couple m'ont semblés futiles voir indécents dans cet ouvrage...
Mais ce n'est pas si évident de voyager dans le monde de quelqu'un d'autre! 

Je retiendrai cependant deux aspects qui vaillent la peine de se pencher dessus: les illustrations et les dédicaces de la soeur cadette.



Les visuels en noir et blanc sont bluffants, magnifiques. Les personnages et démons apparaissent et se multiplient dans les pages en nous plongeant dans l'univers fantasmagorique des pensées de l'auteur...Un voyage assez morbide et inquiétant parfois...

La dédicace de Florence (préface et postface), la cadette de la famille, m'a touchée...Plus que le texte même de David.

Est-ce le fait d'assimiler que cette histoire relate un vécu bien réel? Est-ce l'émotion qui se dégage de ses lignes lorsqu'elle parle de Jean-Christophe et de son enfance?
Je ne sais pas...Mais j'ai pu ressentir par ses mots la douleur que lui ont procuré ces souvenirs...

J'ai commencé, j'ai arrêté, j'ai repris...Mais j'ai fini par lire l'Ascension du Haut Mal.


Interview de David.B





dimanche 3 juin 2012

Coucous Bouzon

Tranches de rires assurées!!!!

C'est un univers totalement absurde que je découvre en lisant cette petite bédé. 

Ce sont les dessins naïfs d'Anouk Ricard qui m'ont tout d'abord attirés dans la librairie...Puis je lis la première page et je me retrouve tout de suite embarquée dans cette entreprise de fous qu'est celle des coucous Bouzon...
Coucous Bouzon, et non pas Couscous Bouzon comme je l'ai moi-même nommée jusqu'à ce que je comprenne que chez Bouzon, on fabrique des coucous...







Tout commence par l'entretien de Richard le canard à tête bleue. Un entretien aussi court qu'insensé, mené par le boss, lui-même tout aussi azimuté...
Là, tout de suite, l'histoire du patron pervers et siphonné, ça me parle....Ca parle à tout le monde en général! D'ailleurs, que celui qui n'a jamais eu à faire avec ce genre de personnage dans sa vie se fasse connaître!






Puis tout s'enchaîne, la présentation des employés, la plupart de mauvaise foi (elle est sympa cette Christiane!), des locaux, des plus accueillants (chaises cassées, poisson mort qui flotte dans l'aquarium, matériel de bureau non fourni...). Bonheur.

En dix minutes, Richard est embauché et remplacera Guy Monier, qui n'a pas donné signe de vie depuis quelques jours...Démission? Licenciement? Suicide? Ce ne sont pas les avis qui manquent. En tout cas, on comprend que c'est louche!  
Ou on comprend Guy Monier de s'être barré, c'est au choix...

Enfin voilà, tout y passe, ambiance menaçante des réunions (oui, chez Bouzon on peut se faire virer car on ne suit pas correctement la séance d'aérobic du matin), provocations, bizutage du séjour d'entreprise (forcé et payant, on aime!), harcèlement moral et sexuel...

Une expérience indélébile pour Richard (et pour nous!), qui tentera à la fois de se frayer un chemin dans ce monde où rien ne marche droit, de percer le mystère de la disparition de Guy, et de s'accoquiner avec Sophie...
Là j'me dis que c'est souvent 3 en 1 chez les canards à tête bleue...

Bref, une histoire haletante, un moment détente assuré, des fous rires garantis! Oh oui!




mercredi 23 mai 2012

Une métamorphose iranienne

Petite escapade pragoise... Prague, ville originaire de Franz Kafka. Nouvelle célèbre de Kafka : ...Une idée?

Quelle évidence pour moi de penser "métamorphose" à mon retour!
Mais ce n'est pas de celle-ci dont je vous parlerais aujourd'hui...
Certes, elle aussi débute avec un cafard, mais c'est de celle de  Mana Neyestani, dessinateur professionnel iranien dont il sera question.

Dans Une métamorphose iranienne, il nous livre un témoignage du cauchemar qui commence pour lui un jour de mai 2006.  
Mana illustre alors dans le supplément pour enfants d'un hebdomadaire iranien. Lors d'une publication, il met en scène une conversation entre un garçon et un cafard, qui prononce le terme azéri "Namana". Mot qui scellera le sort du dessinateur. 

En effet, les azéris, peuple d'origine turque du nord de l'Iran et opprimés depuis de longues années par le régime central, se sentent insultés par cette publication. Ils déclenchent alors de petites émeutes, qui s'amplifieront, jusqu'à l'arrestation de Mana et de l'éditeur du magazine Mehrdad Qasemfar. 
Téhéran avait besoin de responsables à cette agitation, et ils en payeront le prix...





Ils seront incarcérés dans la prison 209, une section non officielle de la prison d'Evin, sous l'administration du ministère des renseignements et de la Sécurité Nationale iranienne, alias la VEVAK (Vezarat-e Ettelā'at va Amniat-e Keshvar) .
Ainsi commence pour eux une longue période d'interrogatoires, un quotidien dans des cellules insalubres, le côtoiement des prisonniers en sevrage de crack (je reste bouche bée face à ces images surprenantes!), un temps interminable de doutes et de souffrance dû à l'éloignement de l'être cher...
Mansoureh...On ressent tellement fort le mal-être de Mana face au manque de sa femme...Il passe des heures à l'imaginer, lui parler, la rêver, l’illusionner...

Après trois mois de détention, les deux détenus obtiendront dix jours de liberté provisoire. Puis la permission sera étendue à un mois, et devra se clore par un procès devant tribunal. Enfin, "aurait dû".
L'espoir d'être disculpé résonne dans le cœur des deux hommes...Et dans le mien !

En vain.

Poursuivi  par le gouvernement totalitaire, en recherche d'un bouc émissaire dans cette affaire, Mana sera rappelé pour retourner en prison. Indéfiniment.
(Quand Mana devient Samsa... )

Mana et Mansoureh suent à grosses gouttes. Moi aussi.
Ils décident de s'enfuir.
La cavale commence: recherche de visas, d'ambassades, paiement de faux passeports, passage des douanes (on sue toujours tous à grosses gouttes...), nuits et journées dans des planques gelées, manque d'argent...

Ils se réfugieront aux Emirats Arabes Unis, en Chine, en Turquie puis en Malaisie, où ils s'installeront quelques années. De son exil, Mana collabore pour de nombreux sites de l’opposition iranienne.
Depuis 2010, ils vivent à Paris, en résidence d'artiste à la Cité Internationale des arts dans le cadre du programme international ICORN de soutien à la liberté d’expression.

Mana Neyestani nous dévoile à travers ce roman graphique, son lourd passé, avec un humour que l'on devine un peu mélancolique mais assumé, vindicatif, mais soulagé...Sauvé de ce système totalitaire digne d'un roman de Kafka!
Les dessins en noir et blanc, la diversité de ses coups de crayons rendent cet ouvrage, magnifiquement subtil et drôle.

Un livre rare à ne manquer sous aucun prétexte!

Liens: 
Article arrestation de Mana

lundi 14 mai 2012

Je suis le gardien de mon frère

Niko et Ivan sont deux frères.
Niko est le rayon de soleil de la famille, tandis qu’Ivan est le vilain petit canard de celle-ci. 
Celui qui ne réussit rien, celui qui se fait frapper sans cesse par ce père si haineux. 
Puis il s'endurcit, supporte les coups, les accepte même....

Jusqu'au jour où ceux-ci se retournent contre sa mère et son frère...Et c'est là qu'il agit en conséquence : il tue le paternel. 
Il avait dit qu'il le ferait...Et c'est chose faite.

Tante Véra les soutient à sa manière après cette terrible épreuve. Cependant, les interrogations sur cette haine ne cessent de les tourmenter. Pourquoi existait-elle? Et pourquoi était-elle rejetée sur Ivan?


Tante Véra demande donc à Niko de veiller sur son frère. D'être le gardien de son frère. 
Mais à la fin de ce récit, qui protègera réellement l'autre? Qui sera le gardien de l'autre?

Pierre Makyo nous livre ici un récit familial, sinistre et hanté par des secrets de famille qui semblent indéniablement voués à se répéter...
Avec des dessins sobres et sombres, Liu Wei, dessinateur de mangas japonais, nous plonge dans l'univers de ce destin funeste.




J'ai aimé. Malgré mes réticences du départ. Le scénario m'attirait mais pas le dessin...Et puis finalement, tout s'accorde vraiment bien pour créer une atmosphère étrange et douloureuse...Un seul bémol pourtant, Le carnet noir de Niko à la fin. Une reprise  des pensées de Niko, le texte de la bédé, sans les images. J'aurais aimé y découvrir d'autres idées noires, d'autres interrogations, d'autres peurs. Tant pis.

A découvrir tout de même!

 NB: Yahvé dit à Caïn: "Où est ton frère Abel?" Il répondit "Je ne sais pas. Suis-je le gardien de mon frère ?» (Genèse IV, 9) est la première question posée par la Bible lorsque, pour la première fois, les deux premiers frères Caïn et Abel, ceux nés d’Adam et d’Eve, se sont trouvés en compétition.Le mot hébreu utilisé par la Bible a le sens de celui qui veille sur quelqu’un et non pas celui qui garde quelqu’un ou le surveille.

jeudi 10 mai 2012

La page blanche

Une jeune femme se réveille tout à coup, assise sur un banc, en plein Paris. 
Qui est-elle? D'où vient-elle? Que fait-elle ici?

Aucun souvenir de sa venue en ce lieu, aucune idée de la veille, du passé.

Tout au long de cette Bédé, Eloïse Pinson, de son vrai nom, sera à la quête de son histoire, vraisemblablement refoulée. Une amnésie de soi-même. 

Petit à petit, elle va donc creuser, chercher des indices, le moindre petit truc qui pourrait lui permettre de recoller les morceaux de son existence. Son boulot, ses collègues, sa famille, son enfance...
Puis la recherche de la cause de tout ceci...Que lui est-il arrivé? Pourquoi cette perte de mémoire soudaine?

 Le scénario de Boulet, les dessins et couleurs de Pénélope Bagieu nous plongent dans un univers à la fois drôle et inquiétant, dans un Paris multicolore et magnifiquement troublant...

Une histoire haletante,  entrecoupée de saynètes fantasques qui pimentent ce voyage dans les pensées d'Eloïse. Cocasse, on imagine très bien ce qu'on pourrait penser nous même dans cette situation!

Puis arrive le dernier chapitre qui m'a laissée perplexe, voir dubitative...
Ma première réaction fut la déception...Toutes ces recherches pour en arriver là? 

Puis, en refermant la bouquin, je m'interroge...Qu'aurai-je fait à sa place finalement? Comment en arrive t-on à faire ce choix? 

Oui, finalement La page blanche m'a fait réfléchir sur ma propre condition. Et j'aime ça...
Et vous?


mercredi 2 mai 2012

Les ignorants, récit d'une initiation croisée

Etienne Davodeau est auteur de bandes dessinées, Richard Leroy est vigneron. 

Tous deux ignorent le contenu et les implications du travail de l'autre. 



D'une simple proposition naît un véritable baptême pour ces deux passionnés : pendant une année, Etienne viendra aider Richard dans ses vignes du coteau du Layon, et le vigneron s'initiera en parallèle à l'univers de la bande dessinée.

 

Lorsqu'un caviste me parle de cet ouvrage je me dis "Tiens, voilà un bouquin pour moi!". Le thème me parle. En effet, la bédé Les ignorants allie deux de mes plus grands plaisirs : le vin et les lettres. 

Bingo, dès le lendemain c'est chose faite, elle fait désormais partie de ma bibliothèque...

Premier chapitre, première page :
- Tu dois savoir que la vigne est une liane. 
- Une liane? 
- Eh oui. C'est de la famille des lianes. Alors il faut la tenir, sinon elle t'échappe et c'est fini.

Pourtant quelque peu initiée après quelques petits séjours vinicoles (peut être un peu trop sous-terrains?), c'est une découverte...
Et cela ne sera pas la seule !  

De la taille à la biodynamie, en passant par le décavaillonnage ou la tonnellerie, Richard Leroy nous fait découvrir les multiples facettes de son métier, tout en se plongeant lui-même dans le monde des festivals, de l' imprimerie et des éditeurs d'Etienne Davodeau, l'auteur-illustrateur.

Un régal instantané pour les yeux...Un futur régal pour nos papilles gustatives!


Site des éditions Futuropolis 

Site d'Etienne Davodeau

Vidéo Richard Leroy dans "La clef des terroirs"


jeudi 26 avril 2012

Le bleu est une couleur chaude

Tout commence par une lettre manuscrite...Une lettre d'amour, une lettre d'adieu, un dernier souffle de vie.
"Mon amour, quand tu liras ces mots, j'aurai quitté ce monde..."

Mon cœur s'emballe, s'interroge, je veux savoir! Que s'est-il passé?

Tout commence aussi par un regard...Des envies naissantes et refoulées...La culpabilité.




















Le bleu est une couleur chaude relate une rencontre, aussi passionnelle que douloureuse  : celle de Clémentine et Emma, la fille aux cheveux bleus.
C'est l'histoire d'amour d'une adolescente en quête d'identité sexuelle, tiraillée par ses émotions contradictoires et le jugement des autres.


Au delà de l'homosexualité dont elle défend la cause, l'auteure Julie Maroh nous livre ici une histoire magnifiquement romancée et illustrée.

Je ferme l'album, j'essuie quelques larmes.


mercredi 25 avril 2012

Le combat ordinaire

Au milieu du tome 3, je ferme la Bédé...Je ressens un malaise...
Mais pourquoi Manu Larcenet, l'auteur, parle t-il de moi?
Puis la mélancolie...
Non, c'est l'histoire de Marco, photographe de guerre en quête de changement, de retour aux racines, de réponses à ses incertitudes face au passé et à l'avenir, c'est l'histoire de ces ouvriers de chantier maritime cramponnés à leur métier quoiqu'il leur en coûte, c'est votre histoire, c'est la mienne...



Le combat ordinaire est un récit bouleversant, tellement intime qu'il nous renvoie sans détour à notre quotidien, nos émois, nos tourments, nos envies, nos peurs...
Dans un monde où tout est incertain, où l'amour, la politique, l'argent et la mort cohabitent, ces 4 tomes nous rappellent que même si nous sommes seuls à y faire face, c'est le même combat pour nous tous...

mardi 24 avril 2012

Les autres gens


Le 1er mars 2010, démarrait sur le web un "feuilleton" quotidien numérique en Bédé nommé Les Autres Gens. 
Lancé par Thomas Cadène, l'auteur, ce projet est illustré par une panoplie de jeunes illustrateurs, qui mettent en scène les déboires de Mathilde, Camille, Arnaud et les autres (gens).

L'histoire est simple: Mathilde Islematy, jeune étudiante, vient de gagner au loto…Ca commence comme ça, rien de plus. Et l'histoire s'en suit...


Suspens, rebondissements, on y parlera d'amour, d'argent, de sexe, de politique, de météo, de jeunes, de vieux… 
Chaque fin de tome est palpitante et pleine d'interrogations...Oui, on devient "addict" très rapidement!

Les 5 premiers tomes en version imprimée sont déjà disponibles. 
Vivement le tome 6/7! Le dernier malheureusement...

 Accéder au  web feuilleton